GENÈVE,
1er juillet (Reuters Santé) - Les
spermicides à base de nonoxynol-9 n'offrent
aucune protection contre l'infection au
virus du sida (VIH) et pourraient même
augmenter le risque de transmission pour les
femmes qui les utilisent fréquemment, selon
un rapport publié vendredi par l'OMS.
Basé sur des recommandations d'un groupe
d'experts réunis par le département OMS
santé, le rapport conseille même aux
femmes très exposées au VIH de ne pas
utiliser ces spermicides pour la
contraception.
Le nonoxynol-9 est le spermicide le plus
largement utilisé dans le monde et des études
préliminaires ont suggéré des propriétés
microbicides pour ce produit. Mais, une étude
récente a mis en évidence son inefficacité
contre la transmission des infections urogénitales
à gonocoques et à Chlamydia.
"Il est clair que le nonoxynol-9
n'empêche pas l'infection par le VIH et
pourrait même contribuer à sa transmission
en cas d'utilisation fréquente", a déclaré
le directeur exécutif à l'OMS de santé
familiale et communautaire, le Dr Tomris Türmen.
Deux études citées dans le rapport font
état d'une augmentation du risque de
transmission des infections sexuellement
transmissibles, dont le VIH, chez les femmes
utilisant le spermicide. Les auteurs suggèrent
que ce produit pourrait, en effet, provoquer
des lésions de l'épithélium vaginal,
favorisant ainsi l'entrée des agents
infectieux.
L'une de ces études montre que la fréquence
des lésions épithéliales au niveau du
vagin varie avec l'intensité d'utilisation
du produit : de 18% chez les femmes
l'appliquant une fois tous les deux jours à
53% pour celles qui s'en servent quatre fois
par jour.
Le nonoxynol-9 est présent dans la
plupart des spermicides vendus et est utilisé
depuis 50 ans dans toute une gamme de
produits, comme des gels, crèmes, mousses,
ovules...
"Le fait que le nonoxynol-9 n'offre
aucune protection contre le VIH ou d'autres
infections sexuellement transmissibles ne
doit pas faire conclure à l'impossibilité
de mettre au point des microbicides, mais au
contraire, doit inciter à accélérer les
recherches pour trouver des produits sûrs
et efficaces", a souligné l'un des
experts, le Dr Henry Gabelnick.
Actuellement, une soixantaine de
microbicides sont testés, dont 11 sont
parvenus au stade de l'essai clinique./ajr