Marlborough, John Churchill, 1er duc de (1650-1722), général anglais, considéré comme l'un des plus grands commandants militaires de l'histoire de son pays.

Né dans Devon, le 26 mai 1650, Marlborough se distingua de 1672 à 1673, sous les ordres de son protecteur, le duc d'York, futur Jacques II, roi d'Angleterre, aux côtés des Français contre les Pays-Bas. En 1682, il fut anobli après avoir obtenu le grade de colonel. Pendant la rébellion de Monmouth de 1685, il devint commandant en second des armées de Jacques II avant d'être nommé général de division. Par la suite, craignant que le roi n'ait l'intention de faire du catholicisme une religion d'État, il rejoignit le complot destiné à le remplacer par le prince hollandais Guillaume d'Orange. Après le couronnement de ce dernier sous le nom de Guillaume III, en 1689, il fut élevé au rang de conseiller privé du nouveau roi et de comte de Marlborough. En 1692 et en 1696, Marlborough fut cependant accusé de trahison du fait de la correspondance qu'il entretenait avec Jacques II, alors exilé en France, et tomba en disgrâce. Lorsque la fille de Jacques, Anne, monta sur le trône en 1702, Marlborough retrouva sa place à la Cour. La même année, pendant la guerre de la Succession d'Espagne, nommé commandant en chef des armées anglaises et hollandaises, il remporta d'éclatantes victoires sur les Français, ce qui lui valut le titre de premier duc de Marlborough. En 1711, il fut néanmoins destitué de ses fonctions de commandant en chef et dépouillé de ses charges publiques pour détournement de fonds public, et s'exila volontairement de 1712 à 1714. Réintégré dans ses fonctions après l'accession au trône de George 1er, il mourut le 16 juin 1722 à Windsor.

général anglais (Musbury 1650 - Granbourn Lodge 1722). En 1688, il passa du camp de Jacques II au parti de Guillaume d'Orange. À l'avènement de la reine Anne (1702), il devint commandant en chef des troupes britanniques. Généralissime des armées alliées, il remporta de nombreuses victoires, dont celle de Malplaquet (1709), au cours de la guerre de la Succession d'Espagne. Il fut disgracié en 1710. Son nom est devenu légendaire grâce à la chanson populaire dont il est le héros sous le nom de Malbrough.

 

 

Anne Stuart (1665-1714), reine d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande (1702-1714), dernière souveraine de la maison des Stuart. Née à Londres, elle était la deuxième fille du roi Jacques II et de sa première femme, Anne Hyde. En 1683, elle épousa le prince Georges de Danemark. Malgré la conversion au catholicisme de son père en 1672, Anne n'abandonna pas le protestantisme et approuva le renversement de Jacques par la Révolution anticatholique de 1688, qui permit à sa sœur Marie et à l'époux de cette dernière, Guillaume d'Orange, d'accéder au pouvoir. À la mort de Guillaume III en 1702, Anne Stuart monta sur le trône. Elle favorisa la carrière de John Churchill, tombé en disgrâce auprès de son prédécesseur, lui conféra le titre de duc de Marlborough et le chargea du commandement de l'armée. Marlborough remporta une suite de victoires sur la France pendant la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), et exerça, ainsi que sa femme Sarah, une grande influence sur la reine pendant les premières années de son règne.

Fidèle à l'Église anglicane, Anne eut tendance à favoriser les tories, faction soutenant l'Église, au détriment des whigs. Toutefois, influencée notamment par les Marlborough, elle écarta dans un premier temps les tories du pouvoir. Le règne d'Anne Stuart fut marqué par l'unification des royaumes d'Angleterre et d'Écosse (1707). Elle mourut à Londres le 1er août 1714, sans laisser d'héritier, et eut pour successeur son cousin allemand, George, Électeur de Hanovre, qui accéda au trône sous le nom de George 1er.

reine d'Angleterre et d'Irlande (1702-1714), fille de Jacques II. Fervente protestante, elle succéda à sa sœur Marie et à Guillaume III. Elle lutta victorieusement contre Louis XIV et réunit l'Écosse et l'Angleterre sous le nom de Grande-Bretagne (acte d'union, 1707). À sa mort, la couronne passa de la dynastie des Stuarts à celle de Hanovre.

Malplaquet (bataille de)

bataille indécise qui se déroula au hameau de ce nom, près de Bavay, pendant la guerre de la Succession d'Espagne, entre les Français, commandés par le maréchal de Villars, et les forces du duc de Marlborough et du Prince Eugène.

 

 

Histoire de la Grande-Bretagne

Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne prend officiellement naissance en 1707 par l'acte d'Union des royaumes d'Angleterre et d'Écosse, jusque-là unis en la personne de leur souverain, titulaire des deux couronnes.

La montée de la prépondérance britannique

1714 : mort de la reine Anne, au pouvoir depuis 1702.

En vertu de l'acte d'Établissement de 1701, la couronne passe des Stuarts aux électeurs de Hanovre (George Ier), les descendants de Jacques II, catholiques, ayant été écartés du trône. L'arrivée au pouvoir d'une dynastie allemande, peu concernée par les affaires britanniques, renforce le rôle du Premier ministre (tel Walpole) et du Parlement. La vie politique est marquée par la lutte entre whigs, favorables au parlementarisme, et tories et par la tentative de restauration des prérogatives royales menée par George III (1760-1820). L'expansion coloniale est réalisée au prix de nombreux conflits avec la France.

1763 : le traité de Paris, au terme de la guerre de Sept Ans, assure à la Grande-Bretagne la possession du Canada et de l'Inde.

1783 : après une guerre avec les colons américains, le traité de Versailles consacre l'indépendance des États-Unis.

À partir de 1793, l'œuvre du Premier ministre, le Second Pitt, est tournée vers la lutte contre la France révolutionnaire et napoléonienne.

1800 : Pitt intègre l'Irlande au royaume, qui prend le nom de " Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande ".

1805 : la victoire de Nelson à la bataille navale de Trafalgar donne aux Britanniques la suprématie maritime.

L'hégémonie britannique

Commencée dès le XVIIIe siècle, la révolution industrielle, basée sur l'exploitation du charbon, et l'essor du capitalisme donnent au Royaume-Uni une formidable avance sur tous les autres États. Au lendemain du congrès de Vienne (1815), la Grande-Bretagne apparaît comme la principale puissance mondiale. Des réformes électorales (1832) favorables aux grandes villes industrielles, des réformes religieuses (émancipation des catholiques, 1829), l'abrogation en 1824 de la loi contre les trade-unions (syndicats) et l'adoption du libre-échange introduisent le libéralisme dans tous les domaines.

1837 : avènement de la reine Victoria.

Son règne est caractérisé par la suprématie de l'économie et de la marine britanniques. Le chartisme (mouvement favorable au suffrage universel et aux réformes sociales) permet au syndicalisme de se développer. Conservateurs (Disraeli) et libéraux (Gladstone) se succèdent au pouvoir, élargissant le droit de vote à l'occasion de deux réformes électorales. L'impérialisme britannique met le Royaume-Uni à la tête d'immenses colonies, dont certaines (dominions) se voient accorder un statut d'autonomie (v. ci-dessous " l'Empire colonial britannique ").

1876 : la reine Victoria prend le titre d'" impératrice des Indes ".

1882 : l'Égypte est sous contrôle britannique.

1886 : Gladstone, partisan du Home rule (autonomie) en Irlande, se heurte à l'hostilité des libéraux-unionistes, dirigés par J. Chamberlain.

1898 : affaire de " Fachoda " opposant Français et Britanniques en Afrique.

1899-1902 : guerre des Boers.

L'accession au trône d'Édouard VII (1901-1910) permet un rapprochement avec la France (Entente cordiale, 1904).

1907 : signature de la " Triple-Entente " anglo-franco-russe.

1911 : le Parliament Act réduit les pouvoirs de la Chambre des lords.

La fin de cette période est marquée par une crise économique (concurrences américaine et allemande) et par le rebondissement de la question d'Irlande.

D'une guerre à l'autre

1914-1918 : la Grande-Bretagne participe à la Première Guerre mondiale.

Affaiblie par le conflit, distancée par les États-Unis, l'économie britannique connaît un déclin irréversible. Les femmes obtiennent le droit de vote, et le parti travailliste, en plein essor, remplace le parti libéral dans sa lutte contre le parti conservateur.

1921 : l'État libre d'Irlande, ou Éire, est constitué.

Le pays prend le nom de Royaume-Uni de Grande-Bretagne (Angleterre, pays de Galles et Écosse) et d'Irlande du Nord (formée de la majorité des comtés d'Ulster).

1924-25 : les travaillistes accèdent au pouvoir (MacDonald).

1929 : revenus au pouvoir, ils se trouvent confrontés à la crise mondiale.

1931 : création du Commonwealth.

1936 : à la mort de George V, Édouard VIII règne quelques mois puis abdique au profit de George VI.

De nouveau au pouvoir à partir de 1935, les conservateurs (N. Chamberlain notamment) cherchent, en vain, à sauvegarder la paix.

1939-1945 : le Royaume-Uni, dirigé par Winston Churchill, résiste victorieusement à l'invasion allemande (bataille d'Angleterre) et joue un rôle décisif dans la victoire des Alliés.

1945 : Churchill participe avec Staline et Roosevelt à la conférence de Yalta.

La Grande-Bretagne depuis 1945

1945-1951 : le travailliste Clement Attlee réalise d'importantes réformes sociales (mise en place du Welfare state [État providence]) et fait adhérer la Grande-Bretagne à l'O. T. A. N. Le processus de décolonisation est amorcé.

1952 : Élisabeth II succède à George VI.

La vie politique est caractérisée par l'alternance au pouvoir des conservateurs (W. Churchill, A. Eden, H. Macmillan, A. Douglas-Home de 1951 à 1964 ; E. Heath de 1970 à 1974) et des travaillistes (H. Wilson de 1964 à 1970 puis de 1974 à 1976 ; J. Callaghan de 1976 à 1979).

1973 : entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun.

1979-1990 : le Premier ministre conservateur Margaret Thatcher développe une politique de libéralisme strict, en rupture avec le passé ; en politique extérieure, elle s'oppose à un renforcement de l'intégration européenne. Après sa démission, le conservateur John Major lui succède.

En Irlande du Nord, un violent conflit oppose catholiques et protestants. Mais un processus de paix est engagé en 1993-94.

L'Évolution de la population

1760 : plus de 7 millions d'habitants. 1801 : 10,9 M. 1851 : 20,8 M. 1901 : 37 M. 1931 : 44,8 M. 1951 : 48,8 M. 1961 : 51,3 M. 1971 : 53,8 M. 1981 : 54,3 M (55,8 avec l'Irlande du Nord). Plus de 11 millions de personnes ont émigré entre 1840 et 1980.

N. B. Sauf indication contraire, ces chiffres ne prennent pas en compte l'Irlande du Nord.

L'Évolution du droit de vote

1832 : Great Reform Act, première réforme électorale élargissant le droit de vote.

1884 : le droit de vote est étendu à la quasi-totalité des citoyens masculins.

1918 : instauration du suffrage universel masculin et d'un suffrage restreint pour les femmes (30 ans et plus).

1928 : suffrage universel élargi aux femmes de 21 à 30 ans.

1969 : l'âge du droit de vote est abaissé à 18 ans.

L'Empire colonial britannique

Dès la fin du XVe siècle, l'Angleterre, dépossédée de ses territoires continentaux, se tourne vers la mer, à la recherche de nouveaux marchés commerciaux.

Le premier essor

1497 : voyage de Jean Cabot aux environs de Terre-Neuve.

1577-1580 : Francis Drake effectue le premier voyage anglais de circumnavigation.

La colonisation des territoires (côte atlantique de l'Amérique du Nord, Antilles) débute au XVIIe siècle, renforcée par l'arrivée des communautés religieuses réprimées par le gouvernement anglais.

1600 : fondation de la Compagnie des Indes orientales.

1606 : fondation de la Virginie.

1620 : les Pères Pèlerins fondent Plymouth (auj. au Massachusetts), premier établissement de la Nouvelle-Angleterre.

1664 : conquête de La Nouvelle-Amsterdam (future New York).

Dès la fin du XVIIe siècle, les 13 colonies d'Amérique du Nord sont constituées et l'Angleterre possède quelques comptoirs en Inde (Madras, Bombay, Calcutta). Les nombreux conflits qui l'opposent à l'Espagne et à la France lui permettent d'accroître ses colonies aux dépens de celles-ci.

1713 : acquisition de Gibraltar et de territoires canadiens (traité d'Utrecht).

1763 : le traité de Paris donne à la Grande-Bretagne le reste de l'Amérique française au N. et à l'E. du Mississippi et plusieurs îles des Antilles ainsi que l'Inde française, hormis cinq comptoirs.

1783 : indépendance des 13 colonies d'Amérique (traité de Versailles).

Du libéralisme à l'impérialisme

Maîtresse des mers depuis Trafalgar (1805), la Grande-Bretagne se trouve en 1815 en possession d'un gigantesque empire. Ayant pris pied dès la fin du XVIIIe siècle en Australie, en Afrique et dans l'Asie du Sud-Est, elle poursuit ses conquêtes tout au long du XIXe siècle, l'initiative appartenant désormais à l'État plus qu'aux sociétés privées. Dans le même temps, des gouvernements représentatifs sont accordés aux colonies blanches de l'Empire.

1807 : abolition de la traite des Noirs.

1842 : acquisition de Hongkong.

1843 : conquête du Natal.

1869 : ouverture du canal de Suez.

Des hommes politiques tels que Disraeli et Chamberlain, chantres de l'impérialisme britannique, poursuivent l'entreprise de colonisation, notamment en Afrique, où les Anglais cherchent à relier les villes du Cap et du Caire.

1876 : Victoria est couronnée impératrice des Indes.

1879 : conquête du Nigeria.

1889 : création de la British South Africa Company, dirigée par Cecil Rhodes.

1900-1902 : conquête des Républiques boers de l'Orange et du Transvaal.

Au début du XXe siècle, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Union sud-africaine reçoivent le statut de dominion, déjà accordé au Canada. À la fin de la Première Guerre mondiale, la Couronne britannique se voit confier l'administration des anciennes colonies des empires vaincus, principalement en Afrique et au Moyen-Orient. L'Empire est à son apogée.

1931 : statut de Westminster consacrant l'indépendance des dominions.

Le Commonwealth succède à l'Empire.

(retour)